samedi 17 décembre 2022

Index général de mon blog généalogique

 

Index général de mon blog généalogique

Je vous propose ici une aide à la navigation dans mes articles généalogiques et photos de famille.

Cet arbre généalogique en éventail sur 4 générations centré autour de mes fils présente le départ des 4 quadrants de leurs ascendants selon les patronymes de leurs grands-parents : Arnoul, Alibert, Émaille et Péan et je vous propose comme points d'entrée principaux dans cette généalogie les 4 index suivants :

 

L'objectif de mes recherches généalogiques est de compléter la roue d'ascendance de mes enfants. Cet arbre est actuellement complet jusqu'à la 7e génération, et il reste encore quelques trous à partir la 8e.


Avancement des recherches au 8 mars 2021

Sur le tableau ci-dessus, en face du nombre théorique d'ascendants pour chaque génération, on a le nombre d’ancêtres identifiés qui est inférieur au nombre théorique ; ceci pour 2 raisons : soit ce sont des ancêtres manquants qu'il reste encore à identifier, soit ce sont des ancêtres que l'on retrouve dans plusieurs branches de la généalogie, ce qui arrive lorsque des cousins même très éloignés se marient.

Cette situation est ce que l'on nomme des implexes. Le % d'implexe est un indicateur du niveau de consanguinité observé. Quoi qu'il en soit, cette situation n'est pas exceptionnelle, car dans la réalité le nombre réel d'ancêtres est toujours inférieur au nombre théorique, et si l'on remonte suffisamment dans les générations, nous sommes tous plus ou moins cousins.


Bonne lecture
Jean-Paul Arnoul


Toute ma généalogie publiée sur le site Généanet est accessible ici, et d'où vous pouvez me contacter pour toutes questions ou précisions sur mes données.
Ci-après un lien sur mes pages perso de généalogie, avec un outil très pratique pour naviguer simplement parmi les patronymes de ma base de données.

 


jeudi 17 mars 2022

40 - Familles Houel - Alfau y Baralt - Goirand


Une fois de plus, mes publications sur Généanet m'ont permis de faire une nouvelle rencontre généalogique, en la personne de Pierre Goirand, qui m'a adressé ce petit mot via la messagerie de Généanet fin décembre :

Bonjour Jean Paul,
Nous nous sommes régalés avec ma fille Naomi à explorer l'arbre des Houel que vous avez réalisé. Nous avons découvert de nombreuses infos complémentaires à celles que nous possédions ici et là, et c'est super de les trouver toutes aussi bien organisées et présentées. Nous avons le même arrière-grand-père Honoré Désiré Jules Houel, et si nous ne figurons pas sur l'arbre c'est que ma mère Christiane Goirand née Weil, était en fait une fille illégitime de Philippe Houel et de Simonne Dreyfus (dite Houel), sa deuxième épouse. 
Avec tous mes remerciements pour votre beau travail.
Pierre Goirand

Ce fut le départ d'une nouvelle collaboration sur une branche de la famille Houel que je n'avais pas vraiment explorée. Cette collaboration nous a fait voyager depuis Saint Domingue, en passant par l'Espagne à Séville, en Algérie à Médéa, au Maroc à Casablanca et même aux Etats Unis.

Ces échanges m'ont aussi permis de corriger une erreur concernant l'identité du Docteur Alfau, cité dans l'ouvrage de ma tante Jacqueline Certes, qui a soigné Alice Houel à Séville avant sa mort, et que j'ai repris dans mon article n° 16 sur les ascendants Houel, Voir le récit de cette enquête à la fin de l'article.

La famille Goirand

Nos premiers échanges ont permis d'ajouter une branche descendante de la famille Houel qui m'était inconnue du fait de la liaison illégitime entre Philippe Houel et l'avocate Lina Simone Dreyfus, et qui de ce fait n'était pas tracée dans l'état civil.

Honoré Désiré Jules HOUEL, père de Philippe

Honoré 
Désiré Jules Houel a eu 5 enfants de son mariage avec Alice Marignat, soit Ludmille (née en 1871), Henriette (mon arrière-grand-mère, Sosa N° 19, née à Marseille en 1872, Renée (née en 1874), Honoré Ladislas (né en 1877) et Christian  (né en 1878 à Paris). Alice est 
décédée de la tuberculose en 1880 à Séville après avoir été soignée par le Docteur Alfau.

On trouve  dans les Archives Nationales de l'Outre-Mer (ANOM), acte n° 40250 sur la commune de Mustapha (Algérie), la transcription en 1901 (et traduction) de l'acte original espagnol du remariage d'Honoré Houel avec Altagracia Alfau y Baralt enregistré à Séville en 1881, cette démarche ayant probablement été rendue nécessaire pour quelques raisons administratives.

De son remariage avec Altagracia, il eut alors trois enfants tous nés à Médéa (Algérie) où il avait installé sa famille : Sophie née en 1881, Isabelle, née en 1883, et Philippe né en 1885. Par contre, on ne trouve pas leurs actes de naissance dans les ANOM, seulement l'acte de décès de Ludmille décédée à 17 ans de la tuberculose à Mustapha en 1888.

De la liaison de Philippe Houel avec Simonne Dreyfusnaquit en 1922 Christiane, née Weil, car sa mère était encore mariée avec Raymond Weil, et Philippe de son côté toujours marié avec Paule Marie Bouvier de la Motte qui lui avait déjà donné trois enfants (Honoré en 1912, Guy en 1914 et Suzanne en 1916). 

Philippe Houel avait été nommé chef  des services administratifs du Secrétariat général de Safi au Maroc et il est resté dans l’administration du protectorat toute sa vie se déplaçant de ville en ville. Après leurs divorces respectifs, le couple a fini par se marier en 1926 à  Casablanca.

Raymond Weil n’avait plus aucune relation avec Simone depuis sa liaison avec Philippe Houel. Ce dernier  qui  a élevé Christiane après son mariage avec Simone, ne l’a pas officiellement reconnue. Il est malgré tout est déclaré comme parrain de Christiane sur son certificat de baptême intervenu en 1928, soit six ans après sa naissance, et deux ans après leur mariage. 

Groupe à Casablanca (1907)

La famille Houel était assez connue au Maroc à cette époque. Le demi-frère de PhilippeChristian Houel travaillait comme correspondant du journal "Le Matin" à Casablanca (voir photo ci-dessus). Il est l'auteur du livre « Mes aventures marocaines », où il raconte ses mémoires passionnantes sur la conquête du Maroc par Lyautey où il voyageait du coté des Marocains lui même déguisé en Arabe. Il a réussi à se faire expulser 3 fois du Maroc par les Français. Un tempérament audacieux à l’opposé de Philippe, notable plus conservateur, dont le seul trait original qui ait été rapporté concernait son goût pour la photographie et sa passion pour la musique. Il était parait-il un assez bon violoniste et invitait les stars de la musique classique en visite au Maroc à se produire dans son salon, parfois avec lui.

Simone qui a divorcé de Philippe Houel en 1949 a toutefois conservé le nom Houel dans sa vie professionnelle. C'était un personnage relativement important sur la scène marocaine, la première avocate femme au Maroc, décorée par Mohammed V, roi du Maroc, qui l'a nommée à la cour de justice du Maroc après l'indépendance en 1956. Elle est décédée 14 janvier 1990 à Paris 7eme et Philippe Houel décédé le 28 juillet 1972 à Paris.

Mohammed V (roi du Maroc) et l'avocate Simone Houel

Christiane Weil a épousé en juin 1956 René Jean Lazare Goirand, avec qui elle a eu 2 enfants, Pierre et Marie Agnès. Elle est décédée le 11 septembre 2020.

La famille Alfau

Pierre Goirand et son cousin Alain Houel (fils de Guy) ont été en relation avec une généalogiste de la famille Alfau nommée Rosalinda Alfau Ascuasiati, et les informations partagées ont été rassemblées dans une notice en espagnol dont je vous propose ci-après la traduction. 

Une remarque pour les généalogistes  peu au fait des usages en Espagne à propos des noms propres et utilisés dans ce texte :  Les hommes comme les femme portent systématiquement le nom de leur père suivi du nom de jeune fille de leur mère, ce qui est bien pratique pour les généalogistes, car cela facilite le suivi de la lignée ascendante cognatique (par les femmes).

Une branche française inconnue de la famille Alfau

 Felipe Benicio Alfau Bustamante, l'un des fondateurs de la société secrète La Trinitaria de Duarte, est né le 22 août 1818 dans la ville de Saint-Domingue. Il est le fils de Julián Alfau Páez (1770-1840), Vénézuélien originaire de Guyane, et de María del Carmen Bustamante López, originaire de la ville de Saint-Domingue. Grand admirateur du général Pedro Santana, qu'il a servi à divers postes, il a néanmoins conservé "un esprit indépendant et peu enclin à la flatterie", comme le souligne le Dr Julio G. Campillo Pérez. C'est peut-être pour cette raison qu'il a décidé d'aller vivre en Espagne en 1857. Il reviendra en République dominicaine après avoir promu et obtenu l'annexion de notre territoire à la Mère Patrie, en tant qu'Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire auprès de la Cour de Madrid, pour occuper différents postes au service de la Reine Isabel II ; lorsque la Guerre de Restauration triomphera, il retournera sur le sol ibérique, sans jamais revenir au pays. Il y devient gouverneur de la ville andalouse de Séville, où il meurt le 5 octobre 1878.  Sa compagne, María Josefa Baralt Galván, fille de Miguel Baralt et de María Candelaria Galván Cordero et née le 31 octobre 1825, lui survit jusqu'au 21 mars 1908, date de son décès à Guernica, Bilbao, Pays basque, Espagne.

De son union avec María Josefa Baralt Galván, Felipe Alfau Bustamante a eu deux enfants : Antonio Abad, né le 28 septembre 1847 dans la ville de Saint-Domingue et décédé le 29 janvier 1919 à New York, aux États-Unis, et Altagracia Alfau Baralt.

Les descendants d'Antonio Abad Alfau Baralt sont bien connus : de son mariage avec sa parente Eugenia Galván Velásquez, fille de Manuel de Jesús Galván et Francisca Velásquez, sont nés Alfonso, Rafael, José, María, Felipe, Jesusa et Moncita Alfau Galván, qui ont vécu aux États-Unis. Mais Altagracia Alfau Baralt n'était connue que pour sa naissance, qui a eu lieu dans la ville de Saint-Domingue en 1851. Et ce, jusqu'à la fin de l'année 2006, où nous avons pu entrer en contact, par le biais de la messagerie électronique de l'Institut dominicain de généalogie, avec deux de ses descendants, les cousins germains Pierre Goirand, résidant à Paris, France, et Alain Houel, qui ont apporté leur contribution à une filiation jusqu'alors inconnue. 

Résidant à Séville, Altagracia épouse le citoyen français Honoré Houel en 1881, puis s'installe dans la ville de Médéa, en Algérie, où son nés trois enfants : Sophie en 1881, (décédée à Casablanca, Maroc, en 1936), qui a épousé Herbert Allcard à Médéa, Algérie ; Isabelle (née en 1883, décédée à Paris en 1976) qui a épousé Guy Crotti-Derossi di Castiglione qui mourut la même année de leur mariage, en 1914 dans la bataille de Charleroi, et Philippe Houel (né en 1885, décédé à Paris en 1972), époux de Paule Bouvier de la Mottequ'il épousa en 1911, puis de de Simone Dreyfus, cette dernière avec laquelle il se maria en 1926.

Sophie Houel Alfau et Herbert Allcard ont eu trois enfants, Marie-Louise, Robert (dit Robie) et Herbert (dit Bertie) Allcard Houel. Herbert Allcard père est mort au combat le 13 novembre 1914 dans la ville marocaine d'El-Herri près de Kénifra, pendant la guerre de pacification dans ce pays. 

Isabelle Houel Alfau était la mère de Guy Crotti Houel, né à Médéa, Algérie, tandis que Phillipe Houel Alfau était le père de Guy Houel (Médéa, Algérie, 1914-Toulon, France, 2002) et de Christiane Goirand, les parents respectifs de nos informateurs.  

Honoré Houel est mort en 1911 à Médéa, en Algérie, tandis qu'Altagracia Alfau Baralt est morte à Rabat, au Maroc, en 1939, après avoir vécu le reste de sa vie dans la ville de Médéa.

Ces données, bien que succinctes, s'avèrent être un filon généalogique inestimable, car elles ont permis de rattacher une lignée familiale totalement inconnue à l'arbre d'une famille aussi distinguée. 

 Bibliographie :

 Campillo Pérez, Julio Genaro "Los fundadores de La Trinitaria", Clío 149-150, janvier-décembre 1992, janvier-décembre 1993.

Données fournies par Pierre Goirand et Alain Houel, rédaction de Rosalinda Alfau Ascuasiati, 

Traduit de l'espagnol avec www.DeepL.com/Translator.


Enquête sur l'identité du médecin militaire ALFAU

Dans mon article n° 16 sur les ascendants Houel, j'ai repris un passage de l'ouvrage "Réminiscences" de ma tante Jacqueline ARNOUL, épouse CERTES (1918-2007), qui elle même a repris des passage de l'agenda d'Alice HOUEL en 1874, complété par des informations issues de conversations avec sa grand-mère Henriette HOUEL (1872-1943) fille d'Alice.

Voici le paragraphe "Maladie et mort d'Alice à Séville" où elle écrit :

On était au printemps 1879, la famille s'installa dans une grande villa proche du Guadalquivir que l'on apercevait entre les grenadiers et les orangers. 

Un dernier enfant, Raymond, naquit peu de temps après leur arrivée à Séville. Le bébé était beau, mais sa mère complètement épuisée à vingt-sept ans sans espoir de guérison voyait ses forces décliner malgré la présence quotidienne du docteur militaire Felipe ALFAU. Celui-ci, absolument incapable de guérir ou même de soulager sa malade, se contentait de la regarder baisser de jour en jour tout en bavardant avec M. HOUEL qui se lia d'amitié pour cet homme qui compatissait à ses malheurs. Il l'invita à quelques repas, puis le docteur lui présenta sa mère et sa sœur Altagracia âgée de vingt ans.

Ils étaient tous deux les enfants du gouverneur de Séville qui avait invité la reine déchue Isabel II à se réfugier chez lui, où cette princesse continuait à vivre comme à la cour. Alta Gracia se considérait comme son égale et prétendait aux mêmes droits.

Le Dr ALFAU fut son conseiller et l'aida à mettre de l'ordre dans ses affaires. Il s'aperçut  que la fortune de son client était encore considérable malgré le testament de Mme de Vercors qui avait légué sa fortune à ses petits-enfants, sachant sa fille dangereusement malade et son gendre si peu économe.

A la lecture de ce texte, et connaissant mieux que moi la famille Alfau, Rosalinda a remarqué qu'il devait y avoir une erreur sur la personne du Docteur Alfau, le prénom Felipe étant celui du père d'Alta Gracia, le gouverneur Felipe Benico Alfau y Bustamente. J'ai donc pensé que le Docteur Alfau pouvait être le frère d'Alta Gracia,  nommé Antonio Abad Alfau y Baralt.

Or, voici ce qu'on sait de lui, renseignements fournis par Rosalinda. Ce certificat de baptême nous renseigne sur son identité : 

Je certifie par la présente qu'ANTONIO ABAD, fils naturel de Don Felipe Alfau y Bustamante et de Doña Josefa Baralt, originaire de cette île, est né le 22 septembre 1847 et a été solennellement baptisé le 12 octobre de la même année, le sacrement étant administré par Don Antonio Siquier, Lieutenant Prêtre du Tabernacle de cette Sainte Eglise Cathédrale, sa marraine étant Mademoiselle Bibiana González"

De même cette notice nous renseigne sur sa vie, où il est connu pour être le père de l'écrivain et peintre Jesusa Alfau y Galván (Madrid, 1890 - Mexico, 1943). 

Antonio Alfau y Baralt (°République dominicaine, 1847 - New York, janvier 1919). 
Militaire, homme politique, avocat, écrivain et caricaturiste. 
Fils du général Felipe Alfau y Bustamante et de Maria Josefa Baralt y Galván
Il a été colonel du Corps des Invalides, membre des Cortes et gentilhomme de la Chambre d'Alfonso XIII. 
Il a d'abord épousé Encarnación Pérez Fiol en 1872.
Il a épousé ensuite Eugenia Galván y Velazquez le 26 février 1887 à Santo Domingo, en République dominicaine.  Après une vie d'errance aux Philippines, aux Caraïbes (Mayaguez, Porto Rico), et dans plusieurs villes de la péninsule ibérique, émigre aux Etats-Unis. Il est arrivé avec sa femme alors que Felipe Alfau, son fils, l'écrivain avait quatorze ans, en 1916.
Il a été actif à Porto Rico, en Espagne et aux États-Unis. 
Il était le père de l'écrivain et peintre Jesusa Alfau y Galván (Madrid, 1890 - Mexico, 1943). 

Source : http://wm1640482.web-maker.es/Pintores-extranjeros-en-Espanya/Antonio-Alfau-y-Baralt/
Traduit de l'anglais et de l'espagnol avec www.DeepL.com/Translator.

 On constate qu'il n'est absolument pas médecin, donc ça ne colle pas. Il va falloir chercher ailleurs.

Après quelques échanges avec Rosalinda, je découvre qu'il y a un autre Antonio Abad Alfau y Bustamente, et non pas Baralt d'où l'intérêt des deux noms de famille. Qui est-il ?
 
Il s'avère qu'il est le frère du gouverneur Felipe Alfau y Bustamente, et que son fils Francisco Javier Alfau Abréu était médecin militaire.

Arbre des familles Alfau y Bustamente

Le docteur Alfau qui a soigné Alice Houel était donc Francisco Javier Alfau Abréu, fils de Antonio Abad Alfau Bustamante et de Ana Sixta Abréu Romero. C'était le cousin d'Antonio Abad et d'Altagracia Alfau Baralt, et non pas son frère.

Corrections effectuées dans mon article N°16.

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Tous mes remerciements à Pierre Goirand et  Rosalinda Alfau Ascuasiati pour les informations qu'ils ont bien voulu partager avec moi et que j'ai rassemblées dans cet article.

Jean-Paul Arnoul,
Mars 2022

samedi 11 septembre 2021

39 - La famille Lestumier

Parmi les grands noms de la ville de Provins dont mes ancêtres ARNOUL sont originaires, je vous ai déjà parlé de la Famille LESTUMIER dans mon article n° 15 à propos des descendants de Jean ARNOUL (°1716 +1806).

Je vous propose de nous intéresser ici aux LESTUMIER père et fils, à partir de ce qu'en raconte l'écrivain Justin BELLANGER dans son ouvrage biographique "Ma famille", ainsi que des recherches effectuées par Alan RUBIN et Sophie DURVILLE qui ont acheté sa maison il y a quelques années et en réalisent actuellement la restauration, comme on le verra à la fin de cet article.

Louis Mathurin Lestumier (1745-1814)
Maître de Poste aux chevaux à Nangis en 1788

Louis Mathurin LESTUMIER (Le père)

Marie Adélaïde ARNOUL, septième enfant de Jean ARNOUL (mon aïeul, Sosa 128), a épousé en 1788 à l'âge de 18 ans, le sieur Louis Mathurin LESTUMIER qui avait déjà 43 ans. A l'occasion de cette union, il reçut de son oncle Thomas LESTUMIER, le brevet de Maître de Poste de Nangis (77370),  comme cela se pratiquait couramment entre les familles de Maîtres de poste au chevaux.

Ce LESTUMIER, bien qu'ayant obtenu une charge de Maître de poste à Nangis paraît avoir mené sa barque avec moins de bonheur que ses beaux-frères, eux même Maîtres de Poste, soit de Maison-Rouge, soit de Provins

En effet, Nicolas Victor ARNOUL, frère aîné de Marie Adélaïde, qui épousa en 1793 la fille du maître de poste de Chailly-en-Bière en 1793, conserva le brevet de Provins en prenant la suite de son père Jean ARNOUL, et dont le fils Victor, bienfaiteur de la ville de Provins, prit la suite au Poste de Provins en 1831. Son frère cadet Étienne ARNOUL contracta de son côté une alliance avec Marie Thérèse THOMASSIN en 1812, et obtint ainsi le brevet de la poste de Maison-Rouge. 

Le relais de poste aux chevaux de Nangis était situé sur la route de Paris, à son intersection avec la route de la Sablière, dans le quartier de la gare actuelle.

Louis Mathurin LESTUMIER eu de son union avec Marie Adélaïde ARNOUL, dix  enfants dont cinq qui vécurent.

Sa fille aînée, Elisa Adélaïde LESTUMIER est née à Nangis en 1790. Elle a épousé en 1810 à Nangis, M. Joseph BARDIN né à Montargis en 1787, fils de Jean-Baptiste BARDIN, maître de poste à Montargis. Joseph BARDINétait marchand de bois à Nangis. Ils eurent trois enfants, André, Émile en 1917 et Eugénie en 1920.

Louis Mathurin LESTUMIER est décédé à Nangis à 69 ans en 1814 et il laissa en mourant sa veuve et ses quatre enfants plus jeunes dans une situation des plus modestes.  Il laissait en effet ses deux filles Zélie (16 ans) et Euphrosine (11 an), ainsi que ses fils âgés de 18 et 15 ans.

Sa femme, Marie Adélaïde a alors fondé à Provins un établissement de lingerie qu'elle tenait avec ses deux filles. Euphrosine épousa plus tard un M. Plumard. De ses deux fils, le plus âgé, Théophile (18 ans) devint courrier de dépêches et mourut jeune à 39 ans, sans postérité.

Jean-Louis LESTUMIER (Le fils)

Le plus jeune, Jean-Louis Bernard, né en 1799 à Nangis et donc âgé de 15 ans au décès de son père, est celui qui nous intéresse plus particulièrement. Il vécut alors à Provins chez sa mère jusqu'à sa majorité.

Jean-Louis LESTUMIER entra en 1820 dans l'administration des contributions directes comme contrôleur. Il a par la suite contracté à 23 ans en 1822 un mariage fort avantageux sous le rapport de sa fortune ; sa femme Marie Éléonore Cécile, née BILLY, lui apporta une dot considérable pour l’époque. Mais Justin Bellanger nous rapporte que la pauvre avait autant de laideur que de bonté, ce qui n’était pas peu dire. Cette union demeura stérile. 

Il s'était installé avec sa famille dans une maison de Provins, au 9 place Saint Quiriace, bâtie sur les fondations de l'enceinte fortifiée de la ville haute, et dont nous reparlerons ci-après.


Les remparts de Provins par  Duviert, 1612
Bibliothèque Nationale


Il prit sa retraite de l'administration en 1841 alors qu'il était devenu contrôleur de première classe pour les cantons de Provins, Bray et Villiers St Georges.

Il est alors devenu très riche par les héritages combinés de sa femme morte en juillet 1851 et de sa mère Marie Adelaïde décédée en novembre de l’année suivante. Quatre jours après le décès de sa mère on voit en effet l’annonce de la vente de propriétés importantes dans la région  ayant appartenues à sa femme défunte.  
Avis de vente aux enchères des biens de Mme Lestumier

Justin BELLANGER, petit cousin de Jean-Louis LESTUMIER, nous donne encore quelques informations sur son caractère 
dans son ouvrage 

Sous l’apparence d’une dignité froide, Jean-Louis Lestumier cachait un grand fond de bonté. Il fit preuve à l’égard de ses sœurs Zélie et Euphrosine d’une générosité peu commune. Dès qu’il fut veuf en 1851, son premier soin fut de les recueillir toutes deux chez lui et de leur faire partager sans aucune réserve les douceurs de son bien-être personnel. Étant donné le caractère exceptionnellement grincheux des deux dames, on peut qualifier cet acte d’héroïque.

Après avoir dit adieu à l’administration, il put alors se créer à Provins une existence à la fois intelligente et agréable, en s'occupant de faire valoir le magnifique moulin de Bénard près de Longueville qui fut vendu aux enchères après le décès de sa femme. Il accepta diverses fonctions honorifiques notamment celle de directeur de la Caisse d’épargne pour lesquelles il avait une compétence spéciale, et celle de conseiller municipal. Le 10 février 1853, il fut nommé adjoint au maire de la ville de Provins, par décret impérial.

Mais ce qui l’intéressait avec le plus de passion, ce fut la culture de ses jardins de la ville Haute. Sa maison du cloître St Quiriace était splendidement située en face de la vallée de la Voulzie à l’emplacement de l’ancienne forteresse dite tour de Jannes. On sait que cette tour de Jannes fut au moyen âge un bastion enclavé dans le système général de la défense et qui, faisant partie du mur d’enceinte, couronnait la crête de la montagne Saint-Nicolas. Jean-Louis LESTUMIER n’attachait à ces ruines qu’un intérêt médiocre. Il eut pourtant assez de goût pour restaurer la salle gothique qui lui servait de salle à manger. 


Maison Lestumier entre les remparts et l'église Saint Quiriace à Provins
Gravure d'après Lina Jaunez, ca 1835

Mais, son vrai luxe et sa principale dépense c’étaient ses fleurs. Il avait construit à grands frais des serres hollandaises très convenablement aménagées. Il y cultivait avec succès les espèces les plus en faveur du moment. Son jardinier Théodore Jacques fut plusieurs fois lauréat dans les concours régionaux horticoles et ces petits triomphes faisaient l’orgueil de mon bon cousin. Hélas, son jardinier a du le quitter en 1863 à la suite d'une blessure reçue en essayant d’arrêter un feu dans la maison.  


Sans doute a-t-il dépensé le fruit de ses ventes sur ses serres luxueuses. Un descriptif détaillé d’une visite de la Commission d’Horticulture en Juin 1859 nous dit “qu’à force d’art M. Lestumier a triomphé de tout.¨ 

Rapport de la Commission d’Horticulture

Par M. Chalambel, juin 1859

      Messieurs,

    Il nous arrive parfois, habitants de la plaine que la beauté des sites n'a point blasés, de gravir les rampes de la Ville-Haute et de nous arrêter quelques instants sur le Rubis : derrière nous s'élève l'antique palais des comtes de Champagne, l'église de Saint-Quiriace et la vieille Tour (César); à gauche se déroule la Ville-Basse avec ses clochers, ses remparts ; à droite, la vallée de la Voulzie, ses eaux limpides, ses prés verts, ses frais ombrages, ses moulins ; à nos pieds, une pente abrupte et sauvage, brûlée par le soleil, desséchée par le vent.

    Un artiste aimerait sans doute à reposer de là sa vue sur ces pittoresques horizons, mais un amateur d'horticulture, moins courageux que M. Lestumier, aurait reculé devant une situation qui semblait présenter tant d'obstacles à ses travaux ; la nature avait tout refusé, il fallait tout créer. Là, peu d’espace, point d'eau, point d'abri, rien que le soleil. A force d'art M. Lestumier a triomphé de tout.

    Entrons chez noire habile collègue : une cour carrée précède la maison d'habitation, au lieu des pavés arides, c’est une mosaïque de fleurs, riante et embaumée ; les géraniums, les rosiers remontants, les giroflées de Mahon, les verveines couvrent le sol et ne laissent place qu'aux pieds du visiteur charmé. Les murs disparaissent sous les glycines et les bignones, tout autour de nous rien que le ciel et les fleurs dont la fraîcheur est sans cesse nouvelle.

    Le temps nous presse, il faut quitter ce charmant tableau, nous traversons la maison , nous voici dans le jardin véritable : neuf terrasses en amphithéâtre construites en solides murailles , retiennent les terres laborieusement accumulées, des espaliers, des vignes en treille et en berceau, soutenues par des charpentes légères en fer, en garnissent toute l’étendue ; les plantes d'orangerie et de serre tempérée qui supportent le plein air , trouvent derrière elles un abri protecteur. Des citernes nombreuses reçoivent l'eau des toitures ; des escaliers habilement ménagés facilitent l'accès d'une terrasse à l'autre. Sur la plus élevée adossée à la maison, règnent les serres construites sur les modèles les plus nouveaux et chauffées par les appareils à circulation d’eau chaude, là se trouent rassemblées les individus les plus les plus estimés de la culture artificielle : les palmiers les ananas, les bananiers, les orchidées, les cactées, les passiflores et tant d'autres dont l’énumération serait autant fatigante que leur vue a de charmes.

    Ces trésors, Messieurs, ne restent pas enfouis sous leurs abris, l’exposition de notre concours en présente un délicieux extrait. Lestumier est habitué à triompher partout où il les produit ; la société d’horticulture de France lui a décerné une médaille d'argent pour les cinéraires et les calcéolaires qu'il a produites à l'exposition de cette année.    

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Jean-Louis Lestumier est décédé en juin 1872 à l'âge de 73 ans, et ses biens furent vendus aux enchères. Sans doute que ses sœurs ont voulu se débarrasser rapidement de ses fleurs et de sa bibliothèque. Peut-être même que c’était son obsession qui les rendait grincheuses ! Une seconde vente a duré trois jours en février 1873. Les serres ont été vendus et démantelées en 1873 et 1874 par l’acheteur de la maison après son décès, un M. Dumant. Sa sœur Euphrosine épouse Plumard continua jusqu’à sa mort en 1886 de vivre dans la maison avoisinante au numéro 11 qui faisait partie de la propriété de Jean Louis de son vivant.


La maison du 9 place Saint Quiriace à Provins

Par Alan RUBIN. qui m'a contacté à la lecture de mon article n° 15 et avec son accord.

Nous habitons depuis huit ans dans la maison au 9, place Saint Quiriace, à ProvinsMarie-Adelaide a vécu avec son fils Jean Louis Bernard Lestumier. Depuis quelques années nous faisons des recherches approfondies afin de comprendre toute l’histoire de cette maison qui est fascinante. En effet la maison existante n’a été unifiée derrière les façades existantes qu’après la mort du fils de Marie-Adelaide, Jean Louis Bernard en 1871 et la vente conséquente de la maison à un M. Dumant en 1873. Jusque-là, elle était constituée de trois maisons accolées, construites sur les fondations de l’ancien château fort de Provins démantelé sur commande du Régent en 1720, qui ont été acquises par Jean Louis Lestumier le 12 septembre 1820. Lestumier a acquis des terrains annexes en 1827 qui forment aujourd’hui un grand jardin en cinq terrasses en contrebas de la maison. 

La maison Lestumier de nos jours vue de la Tour César

Depuis plusieurs années nous effectuons des recherches sur les origines et l’évolution de la maison qui sont très complexes. Il est prévu que la maison devienne un musée public d’ici deux ans et depuis plusieurs années nous effectuons des restaurations importantes. Dans ce contexte, la contribution de Jean-Louis Lestumier est cruciale. 

C’est certainement lui qui a fait créer la plus fascinante pièce dans la maison, le salon voûté qui occupe la partie haute d’une grande arche médiévale qui, à l’origine faisait partie de  la Tour de Gannes, aussi connue sous le nom de Tour des Maréchaux, construit aux alentours de 1060. La somptueuse architecture de la pièce, avec ses dix-huit placards, installée vers 1835,  m’indique qu’elle a été conçue comme cabinet de collectionneur et que Jean-Louis était certainement une personne de conséquence dans la vie intellectuelle de Provins de son époque. 

Malgré de longues recherches, nous avons toujours très peu d’information sur lui, hormis le paragraphe de l'ouvrage de Justin BELLANGER qui le concerne.

L’histoire de cette famille est assez balzacienne. Ce qui n’est pas surprenant, car Balzac visitait assez souvent la voisine de Jean Louis au numéro 1, place Saint Quiriace dans les années 1830 et publia "Pierrette" en 1840 au sujet d’une famille Provinoise. 

Il paraît que presque toute trace de la grande passion de sa vie, ses serres, a disparu dans les trois ans suivant sa mort. On ne voit aujourd’hui que quelques attaches en ferraille pour les serres, scellées dans le rempart, et des éléments d’un très complexe système de cuves d’irrigation, alimentées  à l’origine par les eaux pluviales provenant des toits de l’église Saint Quiriace. J’avoue que c’est moi qui en ai démoli les dernières traces, les fondations totalement dégradées du petit bâtiment qui contenait les fours à vapeur qui chauffaient les serres. Je mettrai à la place un joli bassin ancien et je planterai des nénuphars dedans en souvenir de M. Lestumier.

Il me reste toujours la question du splendide salon voûté et son vitrail, mais je redoublerai mes efforts pour comprendre les circonstances de la commande faite par Jean-Louis Lestumier. Il est possible qu'il n'ait entrepris les travaux, sans doute très coûteux, qu’après la vente des biens de sa femme en 1852, soit plus tard que je n'avais pensé auparavant.

C’est Jean Louis Bernard Lestumier qui nous intéresse, spécifiquement dans le contexte de la restauration de cette pièce exceptionnelle, dont on pense qu'il serait à l’origine de sa création. Il s’agit d’une bibliothèque/salon de collectionneur installée dans la partie supérieure de la grande arche médiévale qui était à la base de la célèbre Tour des Maréchaux construit en 1060, plus tard réduite en hauteur et incorporée dans le château fort visible dans le dessin de Duviert. 

La salle voûtée restaurée

Cette pièce est l’une des grandes curiosités architecturales françaises du dix-neuvième siècle. Nous en avons réalisé une restauration très soigneuse il y a déjà trois ans, mais il reste un détail très important que nous avons hésité à compléter, faute de preuves précises de son apparence d’origine. Il s’agit d’un vitrail en demi-lune dans un cadre de dessin moitié classique, moitié gothique. Il paraît que le vitrail lui-même a probablement disparu avant la fin du 19e siècle, car des vitres dans un cadre d’acier industriel ont été mises en place à l’extérieur du cadre d’origine pour rendre la pièce étanche, probablement vers 1900. Par miracle, en enlevant le cadre d’origine afin de le restaurer nous avons trouvé un petit morceau du vitrail d’une qualité exceptionnelle qui ne représente, hélas, que moins d’une centième de la surface totale du vitrail. De plus le cadre est en miettes et son dessin d’origine n’est pas tout à fait évident à cause du manque de toutes les barres intermédiaires. Depuis la découverte du petit morceau de vitrail, nous avons toujours espéré trouver dans une archive quelconque,  un dessin d’origine, une aquarelle du 19e siècle ou une photo prise dans la pièce elle-même avant la perte du vitrail, afin de nous permettre de faire une restauration authentique de ce qui était là. Hélas, aucune des images trouvées jusqu’à présent ne montre ce vitrail et son cadre.


Nous écrivons dans l’espoir que, par miracle, un lecteur aura accès au moindre indice qui pourrait nous aider, par exemple une photo de l’un de vos aïeuls dans la pièce avec le vitrail en arrière-plan, ou des correspondances concernant la construction de la pièce, etc. De plus, étant donné le caractère exceptionnel de cette pièce, nous espérons apprendre beaucoup plus sur Jean Louis Lestumier, car seul un homme très cultivé aurait pu commander une pièce aménagée avec un goût si éduqué. Nous pouvons supposer de plus qu’il faisait partie du cercle de savants et archéologues autour de Lelorgne de Savigny et Alexandre du Sommerard.

A plus long terme, la maison est destinée à accueillir un musée dédié aux instruments de musique anciens et nous espérons la restaurer avec la plus grande précision historique.

Nous espérons que cette demande d’information va susciter votre curiosité et nous vous remercions par avance de votre réponse aimable.

D'après Alan RUBIN, Juillet 2021

Toute personne qui, à la lecture de cet article aurait des informations complémentaires à nous communiquer au sujet de cette maison ou ce cette famille, est priée de contacter l'auteur de ce blog.

Jean-Paul Arnoul,
Septembre 2021

vendredi 12 mars 2021

38 - La famille PAILLEUX

En complément à mon article n° 13 sur Albert ARNOUL (Sosa 32), je vous propose quelques informations complémentaires sur les ascendants et la famille de sa femme Sophie PAILLEUX (Sosa 33).

La famille PAILLEUX

Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur notre aïeule Sophie PAILLEUX, sinon qu'elle était la sœur de Nicolas Auguste PAILLEUX, connu en tant qu'agronome à Crosne.

Ma tante Jacqueline CERTES-ARNOUL dans son ouvrage Réminiscences disait de lui : 
"L'agronome PAILLIEUX, importa de Chine ce légume fin et délicat appelé crosne car il fut acclimaté à Crosne en 1882."
Cette phrase laissait un doute en ne précisant pas le prénom, et une confusion était possible entre le père Jean Auguste, et le fils Nicolas Auguste, à savoir lequel était agronome.

Ce doute a été levé par mes échanges avec un autre généalogiste Michel Bouchoule, qui a travaillé sur la généalogie des PAILLEUX.
 
Nicolas Auguste PAILLEUX (1812-1898)


En effet, cet article signé Jacques COLLIARD nous donne des informations nouvelles sur sa vie et son œuvre, et lève le doute définitivement sur le prénom :
 
Nicolas Auguste PAILLEUX a épousé Marie Joséphine SALATS, née en 1809.

Le père de Marie Joséphine dont le commerce périclitait entra en 1820, dans la société Paillieux & Renaudière qui faisaient dans la mousseline. Les deux jeunes enfants se connurent dans la boutique des deux cousins et se marièrent.

Nicolas Auguste Paillieux a ensuite géré l'entreprise Paillieux-Salats crée en 1840 à St Pierre les Calais (62), puis il prit sa retraite en 1871 pour se consacrer à ses recherches agronomiques dans la propriété familiale de Crosne (91). Il collaborait à « MAISON RUSTIQUE » et se passionnait pour la culture et l'usage de 250 plantes comestibles, peu connues ou inconnues.

Ses invités servaient de cobayes. Agé de soixante-dix ans en 1882, il fait venir de Pékin à la Société Nationale d'acclimatation quelques tubercules d'une plante de Chine septentrionale, qui arrivèrent pourris, sauf cinq ou six. Doutant du succès de l'expérience, Nicolas les planta et dès la première année eut une récolte suffisante. La deuxième année le rendement était de cent pour un et cinq ans plus tard il avait une récolte de trois tonnes. Grâce à des milliers de prospectus, la commercialisation fut un succès auprès des restaurateurs, et les commandes affluèrent de toute la France.

Ainsi furent connus « les crosnes » du nom de cette petite ville de l’Essonne ! La société Hédiard les prépare aujourd'hui comme des cornichons dans du vinaigre. A l'heure actuelle nous trouvons dans les supermarchés les « crosnes » à l'instar des pommes de terre ou des topinambours.

Le couple eut quatre enfants dont un fils qui, pas sérieux, sous Napoléon III fut expédié sous escorte de gendarmes à Madagascar, où on cherchait de la main d'œuvre. Ce fils Auguste revint en France en 1870, se maria et eut quatre enfants.

Une rue de Crosne porte son nom actuellement.

Nicolas Auguste PAILLEUX était donc industriel de la dentelle à CALAIS avec son beau-père SALATS, dans l'entreprise PAILLEUX-SALATS qu'ils ont crée en 1840 à ST PIERRE les CALAIS. Il a pris sa retraite en 1871, et s'est consacré alors à l'agronomie.

Il eut 4 enfants dont Auguste Épiphane qui a été envoyé à MADAGASCAR 
Parmi les autres enfants,  les deux sœurs célibataires ( Blanche et Lucie ) étaient membres de l'Action Française qui faisait chaque année un pèlerinage à Jérusalem sur le même bateau " La Nef du Salut"

Source Généanet : Michel Bouchoule (bouchoule)

Généalogie de Sophie PAILLEUX

Ascendants de Sophie et Nicolas Auguste PAILLEUX

Ces informations, ainsi que l'arbre graphique ci-dessus, sont extraites automatiquement par mon logiciel GENEATIQUE à partir de ma base de données généalogique. On notera que selon les sources, le nom de famille d'écrit PAILLEUX ou PAILLIEUX :

Sophie PAILLIEUX, Sosa 33, est née le 19 juin 1817 à Paris-IIIème (75), et décédée le 10 mars 1892 à Paris-Ier (75) à l'âge de 74 ans. 

Elle était la fille de Jean Auguste PAILLIEUX  (°1776 +1838), négociant à Paris, né en 1776, décédé le lundi 12 novembre 1838 à Belfort (90)  à l'âge de 62 ans, et d'Adélaïde Rose FOURNIER d'ÉVILLÉ  (°1787 +1827), née en 1787 à Paris-Ier (75), décédée le dimanche 8 avril 1827 à Paris (75)  à l'âge de 40 ans.  A sa naissance, ses père et mère étaient âgés de 41 ans et 30 ans. 
 
Sophie s'est mariée le jeudi 13 février 1840 à Paris-IIIème (75) à l'âge de 22 ans, avec Albert ARNOUL dit Léon, Sosa 32,. Il était avocat, né le 29 mai 1810 à Provins (77), et décédé le 11 septembre 1892 à l'âge de 82 ans. Lors de son mariage, il était âgé de 29 ans. 

Il eurent ensemble 4 enfants : 

 o Camille ARNOUL, né le 15 décembre 1840 à Melun (77), Industriel chimiste, époux de Blanche CAILLARD, dont 2 enfants.
 o Léonie ARNOUL, née le 9 novembre 1842 à Melun, célibataire, sans postérité
 o Cécile ARNOUL, née le 9 novembre 1845 à Melun, célibataire, sans postérité
 o Henry ARNOULSosa 16né le 28 novembre 1845 à Melun, époux d'Alphonsine URBAIN, dont 5 enfants, notre aïeul.

Jean Auguste PAILLIEUXSosa 66, père de Sophie était négociant à Paris. Il est né en 1776, et décédé le 12 novembre 1838 à Belfort (90) à l'âge de 62 ans. 

Il était le fils de PAILLIEUX Antoine (°1745),  né en 1745, et de DUFEU Jeanne Marie (°1748 +1807), née le 24 octobre 1748 à Paris (75), et décédée en 1807 à l'âge de 58 ans. A sa naissance, ses père et mère étaient âgés de 31 ans et 27 ans. 

Jean-Auguste s'est marié le mardi 24 janvier 1809 à Paris (75) à l'âge de 33 ans avec FOURNIER d'ÉVILLÉ Adélaïde Rose, née 1787 à Paris-Ier (75), décédée le dimanche 8 avril 1827 à Paris (75) à l'âge de 40 ans. Inhumée à Paris-XVIIIème (Montmartre). Lors de son mariage, elle était âgée de 22 ans. 

Ils eurent ensemble 6 enfants : 

    • Antoine Ernest PAILLEUX, né le 25 mai 1810, sans postérité
    • Nicolas Auguste PAILLEUX, né le 8 septembre 1812, époux de Marie Joséphine SALATS, dont 4 enfants: Auguste Epiphane, Marie Lucie, Marie Jenny et Marie Blanche.
    • Marie PAILLEUX, née le 20 février 1814, épouse d'Antoine Chéri MASSONEAU,
    • Victoire Pauline PAILLEUX, née le 8 février 1816, épouse de Jules GUIONIS,
    • Sophie PAILLEUX -1-, Sosa 33, née le 19 juin 1817, épouse d'Albert ARNOUL, Sosa 32, dont 4 enfants : Camille, Léonie, Cécile et Henry Sosa 16.
    • Pierre Ernest PAILLEUX, né le 18 novembre 1824, sans postérité.


Nicolas Auguste PAILLIEUX, frère de Sophie était industriel dans la dentelle de Calais. Ayant pris sa retraite, il se consacra à l'agronomie. Il est né le 8 septembre 1812 à Paris, et décédé le mardi 8 février 1898 à Paris-VIème (75), Rue de Médicis à l'âge de 85 ans
 
C'était le fils de Jean Auguste PAILLIEUX  (°1776 +1838), Négociant à Paris, et d'Adélaïde Rose FOURNIER d'EVILLÉ  (°1787 +1827). A sa naissance, ses père et mère étaient âgés de 36 ans et 25 ans. 

 Il s'est marié vers 1834 avec SALATS Marie Joséphine Epiphanie, fille de son associé.

Il eurent ensemble 4 enfants dont on ne détaillera pas ici la descendance.
 o PAILLIEUX Auguste Epiphane
 o PAILLIEUX Marie Lucie (Louise)
 o PAILLIEUX Marie Jenny
 o PAILLIEUX Marie Blanche

Antoine PAILLIEUX, Sosa 132, né en 1745, était donc le grand-père de Nicolas Auguste et de Sophie.
 
Il était lui même fils de PAILLIEUX Simon - 8 - (°1715 +1771), marchand mercier à Paris, né en 1715, décédé après le 26 janvier 1771  à plus de 56 ans, et de MICHELOT Marie-Louise, née vers 1720. A sa naissance, ses père et mère étaient âgés de 30 ans et d'environ 25 ans. 

         Il s'est marié avec DUFEU Jeanne Marie, Sosa 133, née à Paris (75) le 24 octobre 1748 et décédée en 1807 à l'âge de 58 ans. Elle fut inhumée le mercredi 15 avril 1807 à Paris-VIIIème (75) à l'âge de 58 ans. Elle était la fille de DUFEU Charles et de BOUILLETTE Jeanne.

 Il eurent au moins 1 enfant : 
 o PAILLIEUX Jean Auguste - 2 - Sosa 66, père de Sophie.


La famille FOURNIER d'ÉVILLÉ

Le grand-père maternel de Sophie, Jean-Baptiste Pierre FOURNIER d'ÉVILLÉ, (Sosa 134) est né en 1745. Il était Commissaire aux Guerres du Corps Royal de l'Artillerie du roi Louis XVI. Il a épousé le 11 novembre 1764 à Paris, Anne Catherine FERRY de MONTROLAND, née en 1746, elle-même fille de Pierre FERRY de MONTROLAND (Sosa 270),  négociant à Paris et de Marie Thérèse MESSAGER.

Le couple a eu au moins 2 enfants :
    • Pierre François FOURNIER d'ÉVILLÉ, propriétaire, rentier, né en 1777 à Versailles, mari de Marie Geneviève de BULLY
    • Adélaïde Rose FOURNIER d'ÉVILLÉ (Sosa 67), née en 1787 à Paris 1er, épouse de Jean Auguste PAILLEUX.
Il était propriétaire du château de la Grande Maison à Bures-sur-Yvette, comme l'atteste la plaque d'information disposée à l'entrée qui fait état de la disparition des petits canons qui lui appartenaient pendant la Révolution française. 

La Grande Maison à Bures-sur-Yvette en 2020


Dès 1402 existait ici le Moulin du Pont. Au XVIème le laboureur Jean Brément y construisit deux maisons et une grange. Sous le nom de "Maison Blanche" puis de "Grande Maison" la propriété passera de mains en mains. A la Révolution, la Garde Nationale de Gif enleva illégalement les trois petits canons de bronze du sieur Fournier d'Evillé, Commissaire aux Guerres

Le château de Maison Blanche s'appelait aussi château de Grande Maison, nom qu'il a conservé à ce jour. Il a été récemment restauré, et son parc est accessible au public depuis 1982, où l'ensemble a été cédé à la ville de Bures-sur-Yvette.
Le Moulin au Pont était alimenté par un ensemble de retenues d'eau et de vannes disposées sur le cours du Vaularon, affluent de l'Yvette.
Depuis sa restauration, il fait partie des locaux municipaux, et accueille un restaurant, Le Buron.

Voir l'article du Parisien sur sa restauration.

Ascendance d'Adélaïde Rose FOURNIER d'ÉVILLÉ

Adélaïde Rose FOURNIER d'ÉVILLÉ, Sosa 67, mère de Sophie, est née à Paris-Ier (75) en 1787 et décédée le dimanche 8 avril 1827 à Paris (75) à l'âge de 40 ans. 

Elle était la fille de FOURNIER d'EVILLÉ Jean-Baptiste Pierre (°1745 +1788), Commissaire aux Guerres du Corps Royal de l'Artillerie, né en 1745, décédé après 1788 à Paris (75)  à plus de 43 ans, et de FERRY de MONTROLAND Anne-Marie Catherine (°1746 +1794), née le samedi 12 février 1746 à Paris, décédée le vendredi 23 mai 1794 à Paris  à l'âge de 48 ans. A sa naissance, ses père et mère étaient âgés de 42 ans et 40 ans. 

Adélaïde Rose s'est mariée le mardi 24 janvier 1809 à Paris (75) à l'âge de 22 ans, avec PAILLIEUX Jean Auguste, qui était négociant à Paris, né  en 1776, et décédé le lundi 12 novembre 1838 à Belfort (90) à l'âge de 62 ans. Lors de son mariage, il était âgé de 33 ans. 

Deux enfants sont nés de cette union : 
 o PAILLIEUX Nicolas Auguste
Né le jeudi 10 septembre 1812 à Paris, époux de SALATS Marie Joséphine Epiphanie
Décédé le mardi 8 février 1898 à Paris-VIème (75), Rue de Médicis  à l'âge de 85 ans. 
 o PAILLIEUX Sophie, Sosa 33

Jean-Baptiste PierreFOURNIER d'EVILLÉSosa 134grand-père de Sophie était commissaire aux Guerres du Corps Royal de l'Artillerie 1, né en 1745, décédé après 1788 à Paris (75) à plus de 43 ans.     
Il s'est marié le dimanche 11 novembre 1764 à Paris à l'âge de 19 ans, avec FERRY de MONTROLAND Anne-Marie Catherine, ci-après.

Anne-Marie Catherine FERRY de MONTROLAND  Sosa 135, grand-mère de Sophie, est née à Paris le 12 février 1746, et décédée le vendredi 23 mai 1794 à Paris à l'âge de 48 ans. 
C'était la fille de FERRY de MONTROLAND Pierre, Sosa 270 (°1710 +1746), négociant à Paris, né vers 1710, décédé après 1746  à plus de 36 ans, et de MESSAGER Marie Thérèse, Sosa 271, décédée à Paris. 
 
Ils eurent ensemble deux enfants : 

 o FOURNIER d'EVILLÉ Pierre François, né en 1777 à Versailles (78), qui s'est marié le 28 avril 1825 à Paris, Eglise Saint Sulpice avec de BULLY Marie Geneviève FrançoiseIl est décédé le lundi 2 avril 1860 à Rueil-Malmaison (92)  à l'âge de 83 ans. (Source Généanet : Jean Luc MONDANEL (aymsix ) Généalogie de Bully)

 o FOURNIER d'EVILLÉ Adélaïde Rose - 3 - notre aïeule.

A ce jour, je n'ai pas trouvé d'informations plus anciennes sur les ascendants FOURNIER d'ÉVILLÉ. En effet l'acte de mariage entre Jean-Baptiste Pierre et Anne-Marie Catherine, le 11 novembre 1746, comme leurs actes de naissance, fait partie des archives de la Ville de Paris détruites par la Commune en 1871.

Je tiens particulièrement à remercier Michel Bouchoule  pour les informations qu'il m'a fournies. 
Il est présent sur Généanet et je suis en relations généalogiques depuis 2006, d'après nos premiers échanges de messages.

Jean-Paul ARNOUL,
Mars 2021